Les sols argileux et le retrait-gonflement
Certains sols argileux changent de volume selon leur teneur en eau. Ils gonflent pendant les périodes humides et se rétractent pendant les sécheresses. Ces mouvements, répétés d’une saison à l’autre, provoquent des tassements différentiels sous les maisons.
Le dossier départemental des risques majeurs du Vaucluse décrit les dégâts typiques : fissures en façade, décollement des bâtiments annexes, menuiseries qui se déforment, canalisations enterrées qui se rompent. Les maisons individuelles, légères et souvent fondées peu profondément, sont les plus exposées.
- Sol argileux.
- Zone de variation saisonnière : retrait en été, gonflement en hiver.
- Fondations ancrées sous cette zone.
- Trottoir étanche autour de la maison.
- Eaux de pluie évacuées loin des façades.
- Arbre éloigné d’au moins sa hauteur adulte.
- À défaut, écran anti-racines d’au moins 2 m de profondeur.
Ce que dit la loi
Depuis le 1er octobre 2020, dans les zones d’exposition moyenne ou forte au retrait-gonflement des argiles, la loi ELAN impose une étude géotechnique préalable lors de la vente d’un terrain non bâti constructible. Pour la construction d’une maison, le constructeur doit suivre une étude géotechnique de conception, ou à défaut appliquer des techniques particulières de construction fixées par arrêté.
Les dispositions constructives
- Des fondations en béton armé, coulées en continu, ancrées au moins à 0,80 m en exposition moyenne et à 1,20 m en exposition forte, sauf sol dur non argileux plus haut.
- Des fondations désolidarisées de celles d’une construction voisine ou accolée.
- Une structure rigide, avec chaînages horizontaux et verticaux et linteaux au-dessus des ouvertures.
- Une maison éloignée des arbres d’au moins leur hauteur adulte, et des haies d’au moins une fois et demie leur hauteur, ou à défaut un écran anti-racines d’au moins 2 m de profondeur.
- Des eaux de pluie et de ruissellement éloignées des fondations, et des abords imperméabilisés.
Vous pouvez consulter l’exposition de votre terrain sur le site Géorisques, en saisissant votre adresse.
Le risque sismique
La majorité des communes du Vaucluse sont classées en zone de sismicité 3, dite modérée, et une trentaine de communes du sud du département, autour de Pertuis et du Luberon, en zone 4. Dans ces zones, une maison individuelle doit respecter les règles de construction parasismique, selon l’Eurocode 8 ou, pour les maisons de forme simple, des règles forfaitaires simplifiées.
Pour le maçon, cela se traduit par des chaînages horizontaux et verticaux continus, des planchers solidement liés aux murs, des ouvertures encadrées et des murs de contreventement bien répartis. Ce sont des dispositions simples à prévoir dès le départ, et coûteuses à rattraper ensuite.
Le mistral et la chaleur
Le mistral et les fortes chaleurs d’été accélèrent le séchage du béton et des mortiers. Un béton qui sèche trop vite perd une partie de sa résistance et se fissure en surface. Un enduit appliqué par grand vent ou en plein soleil fissure et se décolle.
Nous adaptons donc l’organisation du chantier : coulages tôt le matin en été, protection et humidification du béton frais pendant plusieurs jours, enduits reportés quand le mistral souffle fort. Le printemps et l’automne restent les saisons les plus favorables aux enduits de façade.
Les zones inondables
Le Rhône, la Durance, l’Aygues, l’Ouvèze et plusieurs autres cours d’eau sont couverts par des plans de prévention des risques d’inondation. À Orange, des plans concernent l’Aygues et le Rhône. À Avignon, une partie du territoire est exposée aux crues du Rhône et de la Durance.
Selon la zone, ces plans peuvent interdire les sous-sols, fixer une hauteur minimale pour le premier plancher, limiter les remblais, imposer des clôtures qui laissent passer l’eau ou le balisage des piscines. Nous vérifions ces règles avant d’implanter une maison, une extension ou un bassin.
Les maisons anciennes en pierre
Mas, maisons de village et immeubles des centres anciens sont souvent bâtis en pierre calcaire hourdée à la chaux. Ces murs épais régulent naturellement l’humidité : ils absorbent et restituent la vapeur d’eau. Les rejointoyer ou les enduire au ciment bloque ces échanges, l’humidité reste prisonnière et dégrade la pierre.
Sur ces bâtiments, nous utilisons des mortiers et des enduits à la chaux naturelle, et nous réparons les éléments traditionnels comme les génoises, les encadrements de fenêtres et les murs de restanques.
Avant de construire : la liste de vérification
- Consulter le PLU et les servitudes de votre terrain auprès de la mairie.
- Vérifier sur Géorisques l’exposition aux argiles, le risque d’inondation et la zone sismique.
- Faire réaliser l’étude de sol quand elle est obligatoire, et la demander même quand elle ne l’est pas sur un terrain douteux.
- Faire implanter la construction par un géomètre si les limites du terrain sont incertaines.
- Vérifier les accès pour les engins, la toupie à béton et les livraisons.
- Planifier le chantier en tenant compte des saisons, notamment pour les enduits.
- Souscrire l’assurance dommages-ouvrage avant l’ouverture du chantier.
Sources officielles consultées en octobre 2026 :